Les résidents

Notre société prône la jeunesse comme seule valeur valable, voire acceptable.
Que faisons-nous de cette contradiction ?

L’espérance de vie augmente, le risque de rentrer dans la démence aussi.

Notre société prône la jeunesse comme seule valeur valable, voire acceptable. Que faisons-nous de cette contradiction ? En évoquant la vieillesse, la dépendance et la mise en institution, Emmanuelle Hiron ne cherche pas à donner des réponses, mais à se poser la question collective de notre rapport à la mort et de ses conséquences. À (re)mettre aussi au centre de l’attention les vieux, Les Résidents, ceux qu’elle a rencontrés, filmés et qui ont amené cette réflexion. À parler d’eux, de leur vie.

Ce travail est inspiré par les résidents de l’Ehpad Les Champs Bleus de Vézin-Le-Coquet (35), des écrits L’Idole et l’Abject et Le crépuscule de la raison de Jean Maisondieu, de l’expérience et du travail de Laure Jouatel, médecin gériatre.

Texte et idée originale : Emmanuelle Hiron
Assistée par Nicolas Petisoff

Collaboration artistique : David Gauchard

Création lumière : Benoît Brochard

Régie lumière : Mika Cousin et Alice Gill Kahn en alternance 

Théâtre documentaire

Année de création : 2015
Tout public
Durée : 1h06

Avec Emmanuelle Hiron

Production L’unijambiste

Avec le soutien de l’Ehpad Les Champs Bleus de Vézin-Le-Coquet (35) // CIAS à l’Ouest de Rennes // Théâtre le Grand Logis – ville de Bruz // Théâtre de Poche – Hédé, scène de territoire pour le théâtre // l’Aire Libre – St Jacques de la Lande.

Crédit Photo François Langlais

Dates de tournée
51

représentations

CRÉATION

8, 9, 10 avril 2015 Festival Mythos, Rennes


 

DIFFUSION

Saison 17-18

13 octobre 2017 La Ligue de l’Enseignement 40, Mont-de-Marsan

19 octobre 2017 ATP Vosges, Epinal

9 et 10 novembre 2017 CDN Haute-Normandie, Rouen

21-25 novembre 2017 Théâtres en Dracénie, Draguignan

28 novembre 2017 Scène Nationale d’Aubusson

20 janvier 2018 Théâtre de l’Olivier, Istres

26 janvier 2018 Espace Paul Jargot, Crolles

27 janvier 2018 La Trame, St Jean Bonnefonds

7 avril 2018 Le Papier Théâtre, Le Vieux Marché

8 avril 2018 Viscomica, Quessoy

12-14 avril 2018 Les Quinconces – L’espal, Le Mans

22 mai 2018 DSN, Dieppe Scène Nationale

 

Saison 16-17
18 octobre 2016 Espace Jean Legendre, Compiègne

21-26 mars 2017 Maison des Métallos, Paris

14 août 2017 Théâtre Fort Antoine, Monaco

 

Saison 15-16
27-29 janvier 2016 Théâtre Expression 7 / Théâtre de l’Union – CDN, Limoges
25-26 février 2016 Théâtre de Cornouaille, Quimper
6-24 juillet 2016 La Manufacture, Festival Off Avignon

Revue de presse

sceneweb.fr / Stéphane Capron

Les Résidents : un hymne à l’amour pour nos vieux. Ce spectacle documentaire conçu par Emmanuelle Hiron ne laisse pas indifférent. Il ose affronter une dure réalité : l’augmentation de l’espérance de vie fait mécaniquement augmenter le nombre de patients atteints de maladies neurologiques et de démence dans les maisons de retraite. Les Ehpad sont devenus des mouroirs. Un spectacle remuant et parfois indisposant. Regarder en face une réalité que l’on n’ose plus affronter. C’est le mérite de ce spectacle qui se compose d’un dialogue croisé entre des séquences filmées dans l’Ehpad Les champs bleus de Vezin le Coquet (35) où l’on suit le qutidien des résidents et un monologue joué par Emmanuelle Hiron qui se fonde sur des entretiens réalisés avec la gériatre Laure Jouatel. […] On rit, on sourit, on pleure en regardant ce spectacle.

 

I/O gazette / Rick Panegy & Audrey Santacroce

Emmanuelle Hiron a mis en place une pièce documentaire, qui alerte, révèle, prévient sur la vieillesse et les maisons de repos. Sans détour, sans poésie, sans misérabilisme ou sentimentalisme, la comédienne incarne les propos du médecin qu’elle a recueillis. […] Brisant l’un des tabous les plus pregnants – la vieillesse, la fin de vie -, Emmanuelle Hiron livre un exposé brut, préférant le discours de vérité à la théâtralisation du propos : entre témoignage et conférence, Les Résidents s’adresse à nous avec la force de la sincérité et l’autorité de la justesse.

Le seul en scène d’Emmanuelle Hiron n’est pas facile mais nécessaire. Pas facile non pas parce qu’il est aride (bien au contraire, il ne l’est pas), mais parce qu’il nous met face à ce que nous refusons tous de voir : la déchéance du corps, la vieillesse de nos proches comme notre propre vieillesse. […] Emmanuelle Hiron ne répond pas aux questions qu’elle pose, mais elle donne des pistes de réflexion. […] Apprendre à accepter la mort comme faisant partie intégrante de la vie, voilà tout un programme. L’humanité est rendue à ces vieux, nos vieux, si touchants dans les images […]. Humanité c’est le mot : Les résidents est une pièce profondément humaine à voir avec un mouchoir à portée de main.

 

Le Populaire / Muriel Mingau

Les Résidents est une forme théâtrale tout en finesse et sensibilité. Ce monologue (…) porte sur la vieillesse. Ce sujet dérange. On l’évite. C’est le constat posé d’emblée sur la pièce Alors, sans jugement, l’une des qualités ici, cette oeuvre entreprend de libérer une parole et, ce faisant, un tabou. Elle interroge notre façon de considérer la vieillesse, ou plutôt de ne pas la considérer. Or, elle nous concerne tous. La pièce pose ainsi des questions cruciales sur la place faite par la société aux vieilles personnes, sur la qualité de leur vie, leur bonheur possible, le respect, la dignité, la mort, l’accompagnement médical, mais surtout humain. La pièce sait engager notre responsabilité , en amenant une fine émotion. (…) Le ton intimiste et chaleureux de la pièce aide le spectateur à se libérer de ses peurs et de ses réticences. Il peut enfin considérer la vieillesse.

 

Le Télégramme / Eliane Faucon-Dumont

Entre les images, Emmanuelle Hiron parle du quotidien de ceux qui, arrivés au bout de leur vie, ont perdu la mémoire. Elle philosophe et exprime son désir de les voir à nouveau dans la vie. Pour elle, l’extrême vieillesse est aujourd’hui trop cachée. (…) Elle fait part des interrogations du personnel médical, des familles. Vivre longtemps, mais dans quel état et pourquoi ? Puis elle pose à nouveau la question du droit à la vie. (…) Tout le mérite de ce spectacle est de mettre au grand jour des « problèmes » dont on parle peu ou alors seulement lorsque l’on est, à quelque degré, concerné.

 

La Terrasse / Eric Demey

Si, suivant la pensée de Pascal, on peut nommer divertissement tout ce qui fait diversion, tout ce qui nous détourne de l’idée de la mort et de notre finitude, alors le spectacle d’Emmanuelle Hiron ne fait définitivement pas partie de cette catégorie. En effet, Les Résidents nous emmène vers le caché, l’inenvisageable, ce face à quoi on détourne systématiquement le regard dans nos sociétés passionnées de jeunisme : la vieillesse et la mort. L’idée de ce spectacle est née dans l’esprit d’Emmanuelle Hiron tandis qu’elle suivait au quotidien, dans une visée documentaire, le travail d’une amie d’enfance gériatre dans un EHPAD où elle s’occupe de personnes en état de démence, vocable auquel on substitue souvent celui d’Alzheimer. Femme de théâtre, Emmanuelle Hiron décide de mêler les images qu’elle avait tournées à un monologue de cette amie gériatre – qu’elle incarne elle-même – et qui raconte son vécu tout en l’analysant. Une forme de théâtre documentaire dont les grincheux pourront dire que ce n’est pas du théâtre parce qu’il collerait de trop près à la réalité.

La mort ne peut se regarder en face

Pourtant, ce spectacle constitue bien une proposition inédite. « Comment être heureux quand on est vieux ? » interroge un premier panneau, poursuivant : « une performance à laquelle notre civilisation ne nous prépare pas ». Le ton est donné, le spectacle s’empare sas ménagement du sort qu’on réserve à nos anciens dans nos sociétés, de ce qu’il dit de nous et de notre rapport à la mort, et bien entendu, à la vie. Exit la douleur, la vieillesse, la souffrance. On referme le capot sur la mort. On ne veut pas voir comment l’Homme s’enlaidit, s’affaiblit, se dégrade. Notre décrépitude à venir. Et l’on dessine ainsi certaines limites à notre humanité. Deux séances filmées et deux séances théâtrales alternent et nous conduisent donc dans ces endroits cachés du grand jour : dans les couloirs de l’EHPAD, à l’hôpital avec Mado qui doit se faire couper l’orteil, ou encore dans le récit de la toilette mortuaire qu’effectue le « personnage » de la gériatre sur les pensionnaires décédés. Tout cela n’est pas gai, bien évidemment, mais Emmanuelle Hiron ne tire jamais sur le pathos. Sans incarner, elle livre à la première personne l’expérience de son personnage gériatre « à mi-chemin entre la médecine et la maladie de l’âme » sous la forme du témoignage. Si comme le soleil, la mort ne peut se regarder en face, au moins les Résidents nous ouvre les yeux sur l’exclusion que notre société pratique au quotidien. « Tout ce qui vit doit mourir, emporté par la nature dans l’éternité », conclut le spectacle avec cette citation d’Hamlet comme pour souligner qu’effectivement, oui, on est bien là au cœur du théâtre.

Pour elle, l’extrême vieillesse est aujourd’hui trop cachée. (…) Elle fait part des interrogations du personnel médical, des familles. Vivre longtemps, mais dans quel état et pourquoi ? Puis elle pose à nouveau la question du droit à la vie. (…) Tout le mérite de ce spectacle est de mettre au grand jour des « problèmes » dont on parle peu ou alors seulement lorsque l’on est, à quelque degré, concerné.

 

La Provence / Patrick Merle

Laure, chronique d’une sainte

Entre rire et larmes, pincements au coeur et immersion personnelle, tels étaient les spectateurs à l’issue de la représentation, hier en fin d’après midi au Théâtre de l’Olivier, des Résidents. La couleur avait été donnée en amont, en toute sincérité : un spectacle documentaire parlant de l’accompagnement des personnes âgées en fin de vie, cela remplit rarement une salle, mais celles et ceux qui ont eu une forme de courage, en venant passer une heure en compagnie d’Emmanuelle Hiron n’auront pas regretté ce moment poignant. On sent la comédienne totalement investie dans ce personnage tout sauf fictif, puisqu’il s’agit d’une amie d’enfance Laure Jouatel. Une gériatre travaillant dans un Ehpad, dont la fonction, la mission, en ce qui la concerne, est d’être au plus près de ces hommes et surtout femmes, octogénaires, voire plus, dans les derniers instants d’une vie forcément bien remplie. C’est une sainte que révèle l’actrice, faisant siennes les paroles confiées en toute amicale confiance.
L’évocation crue, nue, sans artifices, de son métier, de son credo, alterne avec des images directement filmées là où elle exerce son métier. Des courts-métrages dont les actrices sont ces résidentes, forcément attachantes, dans leur regard embrumé, leurs gestes lourds et leur mémoire vacillante. Emmanuelle Hiron est dans une telle maîtrise de son sujet, qu’on a qu’une envie en sortant du théâtre : faire la connaissance de Laure Jouatel, la serrer dans ses bras et lui dire juste merci. Merci de ce que vous êtes, merci de ce que vous faites.

 

Zibeline / Dominique Marçon

Regarder la réalité en face

Durant près de 2 ans, la comédienne Emmanuelle Hiron a filmé la vie dans un Ehpad, celle des résidents et des soignants, celui où travaille une de ses amies d’enfance, la gériatre Laure Jouable. Une passionnée qui « défend la vie là où l’on penserait qu’il n’y a que la mort ». Du documentaire au théâtre le pas fut fait, tant il paraissait important à Emmanuelle Hiron d’aborder sur scène la question de la vieillesse, de la dépendance, de la déchéance, de la fin de vie en institution. Son monologue, qui retranscrit ses nombreuses discussions avec son amie, n’est ni une conférence, ni un état des lieux. C’est la vision éclairée d’une femme médecin, qui devient personnage de théâtre par la grâce du jeu de la comédienne. Derrière elle, sur un écran, les Ré »bidents, ces femmes (plus nombreuses) et hommes filmés sans commentaires, délicatement révélés par des images respectueuses qui disent leur quotidien. Entre les projections, le texte, direct, cru, infiniment humain, se pose ailleurs, ne commente pas mais nous percute pour révéler des questionnements auxquels notre société – basée sur le culte de la jeunesse et de la performance – ne nous prépare pas, nous confronte à nos peurs, notre gêne, notre rapport à la mort et donc à la vie. A la qualité de vie plus précisément. Comment la prendre en compte quand elle devient synonyme de privations de liberté, de mouvements, de mémoire ? Comment l’améliorer quand il n’y a pas ou peu de souffrances physiques ou morales, mais la vie qui s’éteint doucement ? Appréhender la mort sans en faire « un problème médical » mais en respectant la vie, faire en sorte que la dignité soit préservée, considérer la vie comme un droit, jusqu’à la fin… et le dire sans pathos, sans exagération, sans théâtralisation.
Impossible de ne pas se projeter, ne pas retrouver dans ses visages, ces pas lents et mesurés, ces paroles décousues, des émotions intimement vécues. Impossible de ne pas se sentir concerné.

L'affiche
Reportage Les Résidents au Fort Antoine de Monaco

Toute vie meurt et doit être portée 

De la nature vers l’éternité

Shakespeare

Hamlet acte 1, scène 2

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